AS22PLOUGUENAST

23 janvier 2015

Championnat de bretagne de cross Merdrignac 2015

À Merdrignac, celui qui est distancé ne revient pas

 

Championnats de Bretagne. Couronné en 2009, Mathieu Rocaboy détaille les difficultés du parcours qui attend le peloton élite, dimanche, à Merdrignac. Tout sauf une partie de plaisir.

Entre guillemets

Un terrain lourd et usant

« C'est une bonne nouvelle : la météo ne prévoit pas de pluie dimanche. Comme lors des premiers championnats de Bretagne de cross à Merdrignac en 2007, la compétition devrait se dérouler sous un ciel dégagé.

Ceci étant, il a beaucoup plu ces derniers jours et le terrain s'annonce boueux et collant à certains endroits. Rien à voir cependant avec les Régionaux de 2009 à Brech dans le Morbihan, où nous avions couru dans un véritable bourbier. »

Des talus casse-pattes

« Le coup de pistolet est donné dans un champ en légère descente avec au bout un virage à 90 degrés (A), puis une partie un peu boueuse avec une différence de niveau.

Il faut s'attendre à un départ ultra rapide où chacun va chercher à bien se placer. Le peloton arrive en paquet sur un terrain lourd et file de l'autre côté du plan d'eau pour une boucle d'un kilomètre. Les coureurs passent deux petits talus casse-pattes (B) avant de se farcir un raidillon de 50 mètres relativement humide (C) aux portes du secrétariat de l'organisation. »

Roulant et technique en sous-bois

« Après le raidillon, on entre dans un secteur sous-bois. Là, c'est roulant mais technique. Attention aux racines ! À chacun d'être lucide. En sortant des sous-bois, on emprunte un sol lourd (E) qui s'améliore par la suite lorsque l'on contourne le plan d'eau.

La première partie de la grande boucle nécessite beaucoup de relances jusqu'à cette bosse en dévers précédée d'une zone humide (F). Les coureurs devront gérer au mieux ce passage délicat. C'est aussi un point stratégique du circuit qui offre une belle visibilité aux spectateurs. »

Aller-retour dans la prairie

« Par rapport à l'édition 2007, la montée de 150 mètres dans un champ a été supprimée. Cette fois, on longe la rivière sur un sol porteur (G), on effectue un aller-retour dans la prairie puis on rejoint vers l'étang où on retrouve les talus casse-pattes (B) et le raidillon (C). Ces deux difficultés vont laisser des traces dans les organismes au fil des tours, en l'occurrence quatre pour les seniors et les vétérans hommes. »

Un sol meuble par endroits

« Les coureurs seront surpris par certaines zones du parcours où a été déposé un mélange de petites pierres et de sable. Ces endroits ne sont pas damés, les appuis ne répondent pas comme sur du stabilisé. Entre les secteurs boueux et les sous-bois très techniques, le circuit de Merdrignac n'offre guère de répit. A moins d'être très costaud, celui qui est distancé ne revient pas. »

Loïc TACHON.

Cross-Country. De l'atelier aux sous-bois, Yves court toujours

On connaît Yves Piederrière, le crossman au maillot bleu ciel, beaucoup moins l'agent de maîtrise à la blouse bleue. Rencontre avec celui qui vise un podium à Merdrignac.

Portrait

« Mais au fait, qu'est-ce qu'il fait comme métier Yves Piederrière ? », avait lancé un commissaire de course à l'arrivée des départementaux de cross, il y a deux semaines à Plumaugat. « Eh, bien, c'est une bonne question. Merci de me l'avoir posée », lui avait répondu son homologue de la Ligue de Bretagne d'athlétisme, pourtant habitué à fréquenter le milieu de la course hors stade et à côtoyer les champions. « Je crois qu'il bosse aux espaces verts à la commune de Plouguesnast... »

Et non messieurs, vous confondez avec son ami et copain d'entraînement, Mathieu Rocaboy. Pour répondre à la question, direction Plémet et la zone d'activités du Ridor où est implantée l'entreprise Couédic Madoré Équipement, leader dans la construction de chaînes d'abattage pour les porcs, bovins et moutons. « C'est ici que je travaille depuis 2001, indique Yves Piederrière, tourneur-fraiseur à ses débuts, aujourd'hui responsable méthodes. Mon rôle est de contrôler les dossiers complets transmis par le bureau d'études. Je vérifie l'utilisation des bons composants et les nomenclatures de chaque équipement. On travaille pour de nombreux abatteurs en France comme à l'étranger : en Espagne, en Angleterre, au Japon... »

« Un vrai soutien à son égard »

Vêtu d'une blouse bleue siglée des initiales de l'entreprise, Yves Piederrière cavale entre le magasin, son bureau et l'atelier. Aussi rapide et efficace que dans les sous-bois. « Je marche beaucoup, mais je ne cours pas », plaisante le triple champion des Côtes-d'Armor de cross dont la fonction l'amène à côtoyer une bonne partie du personnel. « Les collègues m'interrogent régulièrement sur la saison et s'intéressent de près à mes résultats. » A tel point que certains n'hésitent pas à épingler les articles de presse dans le vestiaire. « On ressent un engouement d'un bon nombre de salariés qui suivent son parcours, confirme Pascal Jouette, directeur de production. A chaque fois qu'il court, on cherche à connaître son résultat. Yves réussit de belles performances, il y a une certaine sympathie, un vrai soutien à son égard. »

Bernard Couédic, l'un des trois fondateurs de l'entreprise, est un fervent supporter. Le week-end, le dirigeant de 70 ans se rend sur les courses pour soutenir le champion. Présent lors des départementaux de cross, il a promis d'être de la fête dimanche à Merdrignac. Et il ne sera pas le seul. « Beaucoup m'en parlent. Savoir que les salariés de l'entreprise vont venir m'encourager, c'est motivant, ça fait chaud au coeur ! »

Tous les licenciés et dirigeants du club de l'Athlétisme Sud 22 seront aussi présents le long du circuit pour encourager leur chouchou et l'aider à réaliser son rêve : un podium aux championnats de Bretagne Élite. « Les deux premières places sont déjà prises, dans la mesure où Benoît Nicolas et Charles Delys sont au-dessus du lot, avoue le natif de Merdrignac. Derrière, c'est jouable pour quelques coureurs. Alors, pourquoi pas moi ? »

Quatrième en 2007 sur le même circuit, Yves Piederrière espère, cette fois, que la course lui sourira. « Rien n'est impossible », surtout s'il est porté par tout un public acquis à sa cause, salariés de Couédic Madoré compris.

 

L'AS 22 : une longue tradition du cross en Centre-Bretagne

Dimanche 25 janvier, l'Athlé Sud 22 (AS 22) organisera le championnat de Bretagne de cross-country.

Le club a déjà organisé à plusieurs reprises des manifestations régionales. L'AS 22 est né en 1987 de la fusion des clubs de Rostrenen et de Loudéac, rejoints par la suite par ceux de Plouguenast et de Merdrignac.

De prestigieux aînés

Cette culture de la course à pied puise ses origines à Rostrenen et à Plouguenast. Après le règne de Lucien Rault, un autre Rostrenois s'illustra sur les terrains de cross, Joël Lucas.

Troisième au championnat de Bretagne en 1980, deuxième en 1981 à Inguiniel, il rejoindra par la suite les clubs Rennais. Il sera pour la première fois champion de Bretagne à Morlaix, en 1984.

Il termina second du championnat de France en 1988, à Salon-de-Provence, ce qui lui permit de participer aux championnats du Monde en Nouvelle-Zélande.

À partir de 1990, c'est chez les filles que les athlètes réussissent, avec notamment la Loudéacienne Christina Amice, championne de France cadette à Brumath en 1992.

Elle disputa également les championnats du monde à Bilbao, en Espagne, et à Budapest, en Hongrie

En 1995, pour sa première année dans la catégorie senior, elle terminera cinquième du championnat de Bretagne.

Les succès de l'équipe senior

Aujourd'hui, c'est peut-être collectivement que les athlètes de l'AS 22 s'expriment le mieux.

Quelques jeunes pointent le bout du nez. On pense notamment à Sarah Lemaître, quatrième du championnat de Bretagne de cross en cadette, en 2013, et qualifiée au championnat de France de cross l'an dernier, à Avignon.

Deux jeunes seniors pointent aussi régulièrement aux avant-postes des classements. Katell Briend et Erwann Sagory, très bien classés lors du championnat de Bretagne de cross court cette saison.

Erwan court désormais aux côtés des « grands » du club, qui donnent tant de satisfaction à leurs supporteurs depuis de nombreuses années : Yves Piederrière, Mathieu Rocaboy, Nicolas Josse et Quentin Radenac.

Cette équipe senior, souvent classée dans les douze premières au championnat de France par équipe, aura encore à coeur de bien faire le 25 janvier. Surmotivée par le retour à la compétition de Matthieu Rocaboy et Yves Piederrière, sacré champion départemental à Plumaugat le 11 janvier.

Ils vendront chèrement leur peau sur ce circuit qui leur sied tant, le dimanche 25 janvier, au Val-de-Landrouet.

 

 

 

Posté par as22plouguenast à 14:01 - ARTICLES DE PRESSE - Commentaires [0]